Comment camper gratuitement ou pour pas cher? - guide complet



Après toutes ces années sur la route, Vale et moi avons développé un arsenal d’outils pour nous aider à trouver des emplacements de camping complètement gratuits ou à très petit prix. Quand on vit à temps plein sur la route, on ne peut pas se permettre un site avec services tous les soirs. À 50$ ou 60$ la nuit, ça monte vite! Pour l’article de cette semaine, j’ai donc pensé vous faire profiter un peu de notre expérience.


Je considère qu’il y a trois grandes catégories de sites gratuits. Premièrement, il y a les sites de stationnement nocturne (overnight parking). C’est le genre d’endroit où l’on ne fait que dormir et où notre empreinte doit demeurer hyper minimale. Ça peut être le stationnement d’une grande chaîne, comme les fameux Walmart, un casino, l’arrière d’une église, un bâtiment municipal, un parc urbain, un « truck-stop », etc. En général, on arrive tard en soirée et on repart tôt le matin. Ce sont des arrêts anonymes qui n’ont qu’un seul but : s’arrêter pour dormir.



Il y a ensuite les sites d’hôtes. Ça ressemble aux stationnements nocturnes, à la différence que les propriétaires sont des individus, des commerçants indépendants ou des agriculteurs locaux qui souhaitent vous rencontrer. Ce sont des arrêts moins anonymes que les stationnements nocturnes, mais là aussi, le séjour est très bref. Une nuit et une petite visite et on repart. On s’assure toujours d’encourager le producteur et on en profite pour goûter aux saveurs locales!


Enfin, il y a les emplacements sur les terres publiques où l’on peut véritablement s’installer pour camper. Les terres publiques du Québec, qu’on appelle aussi « terres de la couronne », occupent une très grande partie de la province. Vous connaissez sûrement les parcs et les réserves fauniques gérées par la Sepaq. Le camping y est permis, mais très encadré et tarifé au même prix, ou presque, que les campings privés. Or, la portion des terres publiques la plus intéressante, et beaucoup moins connue, est celle des zecs (zones d’exploitation contrôlées) et du reste du territoire public que l’on peut occuper de façon non permanente.



Que l’on parle de stationnements nocturnes, de sites d’hôtes ou de terres publiques, les règles sont toutefois les mêmes : il faut être 100% autonome pour l’énergie et l’eau et il faut religieusement respecter les principes du « leave no trace ».


Même si, parfois, le choix de l’endroit où passer la nuit est une décision de dernière minute, ça ne veut pas dire que tout est improvisé. Avant de prendre la route, il faut avoir effectué quelques recherches et avoir en main cartes géographiques, applications pour téléphones intelligents, sites Web, et, dans certains cas, un abonnement afin de nous faciliter la tâche et de nous permettre de tirer le meilleur parti des options disponibles dans une région donnée.


 

STATIONNEMENT NOCTURNE


Dans la plupart des villes nord-américaines, il est interdit de dormir sur la rue dans son VR. Et en six ans sur la route, on n’a jamais eu besoin de le faire parce qu’il y a énormément d’autres options.



Tout le monde connaît les grandes chaînes de magasins ou de restaurants, surtout américaines, qui permettent aux caravaniers et vanlifers de passer la nuit sur leur stationnement. Parmi les plus connues, il y a Walmart, Cracker Barrel, Bass Pro Shops, Cabela’s, Sam’s Club, Costco, la plupart des casinos et certaines chaînes de gyms comme Planet Fitness et 24H Fitness.


Il ne faut cependant pas présumer d’emblée que toutes les succursales d’une chaîne reconnue pour accepter les VR le font. Dans les faits, c’est du cas par cas. Je vous conseille donc de vous informer, soit en appelant le magasin, soit en vous rendant sur place et en demandant à voir le ou la gérante, soit en utilisation une application comme Allstays ou iOverlander, qui recense ce type de stationnements nocturnes. Et j’ajoute une autre petite recommandation si vous utilisez une application : allez lire les commentaires les plus récents pour être certain que la politique de la succursale n’a pas changé. On a déjà remarqué en se réveillant qu’il y avait de nouvelles affiches no-overnight parking, alors que les applications indiquaient que c’était toujours possible. Il est vraiment important de respecter ce type de stationnement en ne s’y installant pas comme dans un camping. On arrive tard, on fait nos emplettes, on se couche et on quitte le lendemain. Pas de chaises de camping, pas de bbq, pas de pique-nique. C’est souvent à cause de l’abus qu’on perd de plus en plus de commerces qui acceptent les VR.


Les trucks-stops et les haltes routières entrent aussi dans la catégorie des stationnements nocturnes. Il faut par contre savoir qu’au Québec, il est interdit de passer plus de 4 heures dans les haltes routières du ministère des Transports. Dans les haltes OnRoute de l’Ontario, c’est un peu la même chose. Mais bon, quand on arrive très tard le soir… on peut dormir 5, 6 ou même 7 heures dans notre VR sans que ça ne dérange qui que ce soit. On l’a fait une bonne dizaine de fois.


Les stations de type truck-stop comme Flying J, Pilot et Love’s sont très présentes aux États-Unis et dans le reste du Canada. Au Québec, il y a deux Flying J : sur l’autoroute 40 à Berthierville et sur l’autoroute 20, à Ste-Hélène-de-Bagot. Ce genre de stations offrent généralement beaucoup de services 24 heures sur 24 : essence, dépanneur, restauration, douches, salles de bains, etc. Ce sont des stationnements nocturnes très commodes quand on veut maximiser nos journées de route, car on les trouve partout le long des grands axes autoroutiers. Par contre, il faut accepter de dormir à côté des poids lourds — et des effluves de diésel. Les trucks-stops sont répertoriés sur la plupart des applications comme Allstays et iOverlander. On s’assure toujours de ne pas prendre la place d’un camionneur, il y a souvent des emplacements réservés au VR. Les seules fois qu’on a été dans la section des camions, c’est lorsqu’il n’y a pas d’endroits pour les VR et qu’il y a une tonne de parkings pour les truckers vides. Il faut se rappeler que c’est leur travail et qu’ils ont l’obligation de s’arrêter pour dormir.


Avec le développement de la vanlife — et surtout depuis l’expérience vécue en Gaspésie durant le premier été de la pandémie —, plusieurs organismes et municipalités ont commencé à répertorier les options de stationnement nocturne afin de répondre à cette demande qui ne cesse de croître d’année en année.


Par exemple, la Fédération des Villages-Relais du Québec a dressé la liste d’une cinquantaine d’endroits où l’on peut passer la nuit en toute légalité dans leur réseau de villages. Le plus souvent, ce sont des stationnements de commerces, des parcs ou espaces publics, des centres communautaires, etc.


Certains organismes de développement touristique régional s’impliquent aussi dans le même sens. Tourisme Mauricie a recensé une quinzaine d’endroits : le stationnement du Sanctuaire de Notre-Dame-du-Cap, des centres commerciaux, hôtels de villes ainsi que quelques haltes routières régionales comme celle de la Porte de la Mauricie sur l’autoroute 40 près de Yamachiche. La région de Lanaudière a fait la même chose en publiant une liste que vous pouvez aller consulter ici.


Récemment, on a eu la chance de participer au tournage d’une capsule de Vanlife Sagas avec Dominic Faucher. Il a préparé une série de vidéos sur le projet Destination Pontiac Route 148 avec l’organisme Visages Régionaux et la MRC. Ces deux organismes se sont donné la mission de développer un réseau d’endroits pour les vanlifers. À date, il y en a une vingtaine, distribués un peu partout le long de cette magnifique route le long de la rivière des Outaouais. Ce sont des stations d’essence, des restaurants, des microbrasseries, des entreprises de plein air, etc. C’est vraiment une belle initiative qui, on l’espère, sera répétée ailleurs!



Il y a aussi quelques autres initiatives super intéressantes comme celle de Johanne Boudreault et son groupe Facebook en VR pour pas cher qui offre gratuitement une carte interactive avec une tonne d’emplacements à faible coût ainsi qu’un projet d’accueil à la Boondockers Welcome qui se nomme Boondocking entre nous! C’est gratuit et les membres offres aux autres membres de coucher sur le terrain de leur maison. Je pense également à Arrêt Nuitée VR qui est un site un peu comme Ioverlander qui offre gratuitement aux membres une carte avec plusieurs sites qui sont approuvés par les municipalités pour passer la nuit en toute sécurité.



 

SITES D’HÔTES


Si vous n’êtes pas opposés à débourser une centaine de dollars par année pour un abonnement, il y a une option très intéressante pour trouver des endroits où dormir en toute légalité : un regroupement d’hôtes en milieu rural et/ou touristique. Les hôtes qui adhèrent à l’association permettent aux caravaniers et vanlifers de passer la nuit sur leur propriété. En échange, le voyageur est invité à acheter un produit ou un service de l’hôte (mais sans obligation). La gestion des réservations et de l’offre d’emplacements est assurée par l’organisateur via une plateforme web. L’abonnement annuel du voyageur permet de fréquenter un nombre illimité d’endroits.


Terego est un bon exemple. Cette association regroupe plus de 425 hôtes un peu partout au Québec, en Ontario et dans les Maritimes. Ce sont des fermes maraîchères, des vignobles, des distilleries et microbrasseries, des éleveurs et d’autres types de producteurs agricoles. En plus d’offrir un endroit sécuritaire et légal pour dormir, c’est aussi une excellente façon de visiter une région et d’en savourer les produits. On adore!



Aux États-Unis, la même chose existe. Ça s’appelle Harvest Hosts. Au pays de l’oncle Sam, il y a aussi une autre association d’hôtes, Boondockers Welcome.Cette fois, on ne parle pas de passer la nuit sur une ferme, mais sur le terrain privé de monsieur-madame-tout-le-monde qui s’est joint au groupe. Le plus souvent, ce sont des gens qui ont eux-mêmes un VR ou, sinon, ce sont des personnes qui adorent les rencontres sociales. Conversations enrichissantes garanties!


Il y a aussi nos amis de Go-Van qui offrent des emplacements à faibles coût dans des endroits vraiment intéressants pour passer la nuit. À la Baie de Beauport, au Domaine Ste-Anne, la Famille Migneron dans Charlevoix et plusieurs autres! Ce sont tous des endroits avec des activités vraiment cool à faire à proximiter et c’est super bien organisé. On réserve en ligne directement en quelques clics ici : https://www.go-van.club/


 

TERRES PUBLIQUES



Saviez-vous qu’en tant que Canadiens, nous sommes autorisés à camper gratuitement sur les terres publiques jusqu’à 21 jours consécutifs? Pour les découvrir et en profiter, il y a des cartes géographiques comme les atlas de Backroad Map Books (BRMB) dans lesquels sont répertoriés les endroits où camper et où pratiquer toutes sortes d’activités de plein air loin des sentiers battus. Il y a des BRMB pour toutes les provinces sauf le Québec, malheureusement.


Il y a aussi d’autres ressources provinciales comme le Crown Land Use Policy Atlas de l’Ontario qui fournit une cartographie détaillée des terres publiques, incluant les parcs nationaux et provinciaux, les réserves autochtones.


Au Québec, à l’extérieur des parcs nationaux et provinciaux (Sepaq), les terres privées sont gérées par certaines MRC ou regroupements bénévoles mandatés par le ministère de l’Énergie et des ressources naturelles.



Parmi ces mandataires, il y a les Zecs constituées depuis la fin des années 70 pour remplacer les anciens clubs privés de chasse et pêche. Il y en a 85 : 63 pour la chasse et la pêche, 21 pour la pêche au saumon et une pour la chasse à la sauvagine. Elles sont localisées sur une carte interactive sur le site Web du réseau des Zecs.


Moyennant environ 20$ — les tarifs varient légèrement d’une Zec à l’autre —, il est possible d’y camper et d’y pratiquer des activités récréatives comme la randonnée, le canot, le kayak, la planche à pagaie et, évidemment, la pêche et la chasse.


Contrairement aux parcs de la Sepaq, il y a peu de règlements dans les Zecs. D’abord, on peut s’installer n’importe où. Si votre véhicule est équipé pour le hors-route, vous aurez davantage de choix, parce ce que le réseau routier est en gravier et en terre battue. Tous ces chemins ne sont donc pas adaptés aux caravanes ou aux longs VR.


Ensuite, les chiens sont autorisés partout, on peut utiliser le bois mort pour notre feu de camp, etc. En somme, on est « chez nous » partout.



La meilleure façon de procéder si vous désirez camper dans une Zec, c’est de vous présenter à l’accueil. Le site web ne fournit pas d’informations détaillées et, de toute façon, il n’est pas possible de réserver à l’avance. À l’accueil, vous pourrez payer votre droit de passage / camping et vous recevrez une carte géographique avec des suggestions d’endroits pour camper en fonction de vos goûts et de votre VR. Après, c’est vous qui décidez! C’est vraiment très facile et ça vaut tellement la peine! On en a fait l’expérience récemment et, honnêtement, on a été enchantés!



Il est également permis de circuler et de camper gratuitement sur les terres publiques à l’extérieur des Zecs, des pourvoiries et des parcs. Pour les localiser — et valider s’il existe des chemins pour s’y rendre —, il faut utiliser les cartes du Plan d’affectation du territoire public du ministère de l’Énergie et des Ressources. Elles ont été produites par région et ne sont qu’en format PDF, malheureusement. Dans le plan pour chaque région, il faut rechercher la carte 5, intitulée « Vocation du territoire public ».


On peut fréquenter et camper dans toutes les zones identifiées comme à « utilisation multiple ». Sur cet exemple dans la région de Lanaudière, ce sont les secteurs en jaune moyen.



Comme vous pouvez le constater, les cartes ne sont pas très précises. Il faut utiliser Google Maps ou d’autres ressources cartographiques pour valider si ces zones sont accessibles par la route. Mais si vous avez la fibre exploratrice, vous pourriez découvrir de véritables petits paradis!


Je termine cet article avec quelques mots sur les terres publiques des États-Unis. Pour les états de l’ouest, les terres fédérales sont gérées par le Bureau of Land Management (BLM) et il est possible de camper sur ces terres tout à fait gratuitement jusqu’à concurrence de 30 jours. Il y a plusieurs ressources cartographiques sur leur site Web.


Pour les états de l’est, c’est plus compliqué, il faut être débrouillard – et patient — et fouiller les sites web comme celui de l’état de New York ou du Vermont pour trouver des cartes et les politiques et règlements en lien avec la fréquentation de ces terres.


Pour s’éviter toutes ces démarches, la façon la plus facile de repérer de bons spots pour camper sur les terres publiques américaines, peu importe l’état, c’est d’utiliser les applis comme iOverlander et Freeroam. La plupart des sites accessibles sont répertoriés et commentés, ce qui facilite énormément les choses. Vale et moi avons campé quelquefois dans les BLM à l’aide d’une de ces applications. Mon plus beau souvenir est celui d’un site en montagne devant Grand Tetons dans le Wyoming. On en a parlé dans notre livre. C’était incroyable comme endroit.



Bien sûr, en utilisant ces applis, vous devrez sans doute partager votre petit paradis avec d’autres campeurs aussi bien informés que vous! Si vous cherchez à camper seul dans votre petit coin de paradis, il faut faire l’effort de trouver par vous-même un spot.


Je vous laisse là-dessus et j’attends vos commentaires : quels sont vos trucs pour trouver des emplacements gratuits?



 

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