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L’éthique du campeur et le principe du « sans trace »

Dernière mise à jour : 18 nov. 2022


Avec la pandémie qui s’attarde, la frontière américaine demeurera probablement fermée encore quelques mois. Les voyages non essentiels dans les provinces voisines, demeurent fortement déconseillés. L’été 2021 devrait donc être une copie conforme de l’été 2020 : les Québécois vont rester au Québec. Il faut s’attendre à ce que les campings soient remplis au maximum de leur capacité entre la Saint-Jean et la fête du Travail. Certains d’entre eux affichent déjà complet. Les sites de boondocking devraient aussi être très sollicités, même si certaines municipalités usent de créativité pour proposer des endroits ici et là pour les gens de passage.


Évidemment, on ne veut pas voir se répéter les évènements de l’an dernier sur les plages de la Gaspésie : les déchets abandonnés sur place, les tentes plantées un peu partout sans autorisation, les toilettes improvisées, etc. Ç’a été un exemple gênant, un manque total de respect, tant pour l’environnement que pour les résidents locaux.





Vale et moi, on applique trois règles d’or quand on s’arrête dormir en boondocking. Ce sont 3 principes de base absolument incontournables selon moi :


  • D’abord, que ce soit une plage, un boisé sur les terres publiques ou le stationnement d’un commerce ou d’une église, assurez-vous d’avoir l’autorisation d’y passer la nuit. Vérifiez en consultant leur site Web ou en parlant à quelqu’un de vive voix. Si c’est un commerce, allez y faire quelques achats. Si c’est un parking municipal ou d’église, allez faire un petit tour dans les magasins ou les restaurants locaux.



  • Ne videz jamais votre réservoir d’eau grise (et encore moins d’eau noire !) ailleurs que dans une station de vidange. Certaines personnes croient que les « eaux grises » ne polluent pas parce que c’est juste l’eau des lavabos et de la douche et s’en débarrassent n’importe où. Erreur ! Il y a beaucoup de résidus d’aliments et de savon dans cette eau. Ça pollue. C’est néfaste pour les habitats fauniques et pour la flore.



  • Avant de partir, assurez-vous de ne laisser aucun déchet derrière, même le plus petit morceau de papier, capsule de bouteille ou cœur de pomme (eh oui, les cœurs de pommes ou pelures de banane sont biodégradables, mais ils prennent quand même un certain temps avant de se transformer en compost). Faites le tour de votre emplacement et ramassez tout, même s’il ne s’agit pas de vos déchets. S’il n’y a pas de poubelles dans les environs, ou si elles débordent, mettez tout dans un sac et remportez-le pour le jeter dans un endroit approprié.


Le camping éthique ne s’arrête pas là, évidemment. De plus en plus d’adeptes de plein air et de VR suivent la philosophie du « sans trace » (Leave no Trace), une école de pensée née dans les années 90 dans les parcs nationaux américains.


Vivre en fonction du « sans trace », ça veut dire laisser le site qu’on a fréquenté exactement dans le même état (ou plus propre) qu’on l’a trouvé. Comme si on n’y avait jamais mis les pieds. Que ce soit en boondocking au fond des bois ou sur un emplacement aménagé, il existe 7 principes à respecter selon l’organisme Sans Trace Canada [www.sanstrace.ca].




1. Se préparer et prévoir

Si vous désirez camper dans l’arrière-pays ou en zone très éloignée, vous devrez être bien préparé. C’est une question de sécurité, bien sûr, mais aussi une affaire d’environnement : vous devrez emporter tous les équipements nécessaires afin de réduire au maximum votre empreinte.


Avant de partir, informez-vous à fond sur la destination. Vous aurez besoin de connaître les conditions climatiques et météorologiques, la réglementation en vigueur pour les feux à ciel ouvert, pour la pêche, vous devrez avoir une carte qui montre la délimitation des terres privées et publiques, la localisation des sentiers, etc.


Vous devrez aussi planifier votre matériel (nourriture, vêtements, équipements) en priorisant les produits alimentaires peu emballés, ou dans des contenants que vous pourrez réutiliser pour remporter les restes et/ou les déchets afin de quitter le campement en ne laissant aucune trace.


2. S’installer sur des surfaces durables

Si vous campez ou boondockez en pleine nature, installez votre tente ou votre VR sur des sentiers existants, des dalles de roche, des zones de gravier ou de cailloux. Un terrain d’herbe sèche peut aussi faire l’affaire. Évitez de rouler sur la végétation ou de laisser des traces de pneus dans le sol. Il faut d’ailleurs se placer à au moins 70 mètres des berges d’un lac ou d’une rivière (à moins qu’un emplacement ait été aménagé sur le rivage spécifiquement pour le camping).


Le principe des surfaces durables s’applique également à celles où l’on met les pieds : en randonnée, il ne faut pas s’écarter du sentier balisé pour ne pas piétiner le sous-bois et détruire la flore. Marchez en file indienne et ne prenez pas de raccourcis, même dans les virages en tête d’épingle.



3. Gérer adéquatement les déchets


J’en ai parlé au début de l’article : quand les poubelles se font rares ou débordent, il faut remporter ses déchets, même s’ils sont biodégradables.


Si vous allez faire vos besoins dehors, suivez les recommandations de la SEPAQ [https://www.sepaq.com/pq/conserver/sans-traces-canada.dot?language_id=2]. Urinez sur une surface minérale, pas au pied d’un arbre. Pour les numéros deux, creusez d’abord un trou de 15 à 20 centimètres, et ce, à plus de 70 mètres d’un autre campeur ou d’un plan d’eau. Dans certains campings rustiques, quand la toilette sèche sent un peu trop fort, certains usagers préfèrent aller « squatter » dans le bois. C’est parfait, sauf qu’ils ne s’éloignent jamais assez et n’apportent pas toujours de pelle. Ça nous est arrivé de voir des champs de petits papiers blancs éparpillés dans le sous-bois, à quelques mètres des emplacements. C’est vraiment désagréable. Si vous utilisez du papier de toilette ou des kleenex, il faut les rapporter pour les jeter ou les brûler.


Et pour ceux qui fonctionnent encore dans l’ancien système, 70 mètres, c’est environ 230 pieds. C’est pas mal plus qu’une dizaine de pas.


4. Laisser intact ce que l’on trouve


Comme le dit l’organisme Sans Trace, « les bons emplacements de camping se trouvent, ils ne se fabriquent pas ». S’il n’y a pas d’espace pour votre VR, ne commencez pas à casser des branches, arracher des végétaux ou creuser le sol pour vous faire de la place. Ne coupez pas de bois pour le feu ni de sapinage pour vous faire un tapis. Rappelez-vous le principe no 1 : il faut bien planifier son voyage et prévoir tous ses besoins, réchaud, combustible et matelas de sol compris.


Vous faites de belles découvertes durant vos randonnées ? Des fleurs, des bois de chevreuil, un fossile, une roche bizarre que vous aimeriez utiliser comme appui-livres à la maison ? Résistez à l’envie de les rapporter. Il ne faut rien retirer de la nature, ne rien déplacer, ni déranger. Même les artéfacts humains, comme d’anciens morceaux de poterie, des pointes de flèches, de vieilles bouteilles. À moins d’être en situation de survie, il faut tout laisser sur place.


5. Minimiser l’impact des feux de camp

Selon la période de l’année, il est possible qu’un feu de camp soit essentiel pour vous réchauffer ou vous faire à manger. Il est par contre important de vérifier si les feux sont autorisés dans la région où vous êtes. Il y a souvent des restrictions en fonction des conditions atmosphériques.


Si les feux sont permis, utilisez les « trous à feu » qui ont déjà servi. S’il n’y en a pas, l’organisme Sans Trace Canada donne quelques conseils pour en fabriquer [https://www.sanstrace.ca/principe-minimisez-impact-feux]


Faites des feux de petite taille en utilisant exclusivement du bois mort (sauf dans les parcs de la SEPAQ, où l’utilisation de bois mort est interdite). Et évidemment, assurez-vous que le feu est entièrement réduit en cendres avant de partir. S’il ne l’est pas, éteignez-le avec de l’eau (et non pas de la terre, car elle pourrait aider à maintenir les braises).


6. Respectez la vie sauvage


Il est primordial d’observer la faune à distance et ne jamais s’approcher d’un animal sauvage, aussi petit soit-il, et, surtout, éviter de lui offrir de la nourriture. Quelquefois, les écureuils et les lièvres sont curieux, ils s’approchent des campements. C’est tentant. On pense que le petit sac de cajous salés ou la carotte nantaise qui nous restent vont leur faire plaisir. Les écureuils de nos forêts ne mangent pas de noix d’acajou. Encore moins salés. Les lièvres d’Amérique n’ont rien à voir avec Bugs Bunny, ils ne consomment pas de carottes. Leur alimentation est à base de trèfle, de pissenlit et de petites feuilles de peupliers, de trembles et de bouleaux. Nos aliments pourraient les rendre malades et altérer leur comportement. Ils pourraient même devenir encore plus vulnérables aux prédateurs.


Les animaux sauvages n’ont pas besoin de nous, au contraire, on les dérange, on empiète sur leurs habitats, on fait du bruit dans leurs aires d’alimentation ou de reproduction. Restez donc loin d’eux en forêt. C’est la même chose pour la faune aquatique et les oiseaux. Si vous voulez en observer, équipez-vous de jumelles ou de lentilles appropriées sur votre caméra et comme le recommande la SEPAQ, touchez avec vos yeux.


7. Respectez vos voisins


Tout le monde veut avoir une belle expérience, ne gâchez pas celle des autres campeurs. Évitez la musique à pleine tête, gardez vos chiens en laisse et n’empiétez pas leur espace. Proposez de l’aide à quelqu’un qui semble être en difficulté.


En général, les gens qui choisissent de camper hors des chemins battus apprécient le silence et la beauté de la nature. N’obstruez pas leur paysage, pensez à eux au moment de positionner votre VR ou vos équipements.


Si vous offrez politesse, entraide et respect, c’est probablement ce que vous recevrez en retour. Le positif attire le positif, comme dit Vale. Et donnez l’exemple, ça laissera des traces, mais dans le bon sens !



Plus de ressources:

Je propose également des pistes de solutions dans cette vidéo:


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