Planifier l'itinéraire d'un long road trip en VR - Notre technique étape par étape


highway 1 California
En route sur la Highway 1 en Californie

Avant notre première année sur la route en 2016, j’avais passé beaucoup de temps à planifier l’itinéraire. Il faut dire que ça me passionnait énormément, j’y passais tous mes temps libres. J’avais tout prévu pour les deux premiers mois. Tout. Le tracé précis, les campings, les choses à voir sur la route, les destinations où s’arrêter, les événements, les activités. Ça m’avait donné un gigantesque dossier que j’avais sauvegardé sur Google Documents.


Canada USA Roadtrip
L'itinéraire de notre premier Roadtrip en 2016

Deux ou trois semaines après le départ, on était à Chicago. La prochaine destination sur notre trajet était le Yellowstone National Park, dans le Wyoming. En vérifiant la météo, je me suis rendu compte que, même si on était à la fin mai, on annonçait de la neige! C’était hors de question de risquer de rencontrer des températures sous zéro avec la roulotte.



Mon itinéraire venait de tomber à l’eau. Seulement trois semaines après notre grand départ, j’avais déjà appris une des choses les plus importantes à savoir si on veut faire un long road trip.


« Côté itinéraire, il faut avoir une ébauche, mais rien de coulé dans le béton »

Cette phrase, c’est le conseil de Francine, membre de la Famille PRÊTS pour la route et c’est exactement ma philosophie. Il faut prioriser une planification générale plutôt qu’un itinéraire précis, au jour près. Parce que s’il y a une chose de certaine, c’est que vous n’arriverez pas à le suivre, votre itinéraire quotidien. Il va y avoir un contretemps, une mauvaise météo, un pépin, la fermeture d’une route, des feux de forêt ou autre chose qui vont vous obliger de changer vos plans. Et n’oubliez pas que vous allez aussi avoir des coups de cœur, des destinations qui vont vous surprendre et que vous allez adorer au point de vouloir y rester plus longtemps que prévu.


Il faut donc changer son « mindset ». On ne peut pas tout contrôler. Il faut apprendre à se laisser guider et à être à l’aise avec l’imprévu. Au fond, il s’agit de trouver l’équilibre entre planification et improvisation. La planification nous apporte une certaine sécurité, c’est vrai. Mais l’improvisation, elle, nous procure un des grands plaisirs du voyage : le bonheur de la découverte.


Avec les années, on a optimisé la planification de nos voyages et trouvé ce que l’on croit être l’équilibre parfait entre planification et improvisation. Cet article vous présente notre façon de faire avec quelques trucs et outils de recherche utiles.

Tachos RV PARK, Puerto Vallarta
En préparation avant un nouveau Road Trip

Avant de partir


La première étape est de tracer un itinéraire de base avec les destinations clés du voyage que vous voulez entreprendre. L’outil numéro 1 à cette étape, c’est Google Maps. L’application est disponible autant pour le téléphone que les tablettes et l’ordinateur. Sélectionnez les villes ou les régions principales qui vous intéressent. Ensuite, prenez quelques minutes pour vérifier s’il y a cohérence sur le plan de la météo. Tapez le nom de chaque destination de cet itinéraire de base avec, en mots-clés, le mois de l’année où vous prévoyez y être ainsi que le terme « température moyenne » (weather en anglais). Vous saurez tout de suite si votre trajet général est réaliste en VR. Quelquefois, on peut avoir des surprises. Ça nous est arrivé au Mexique. On a passé quelques semaines dans une région montagneuse avec une température moyenne autour de 15 degrés alors que dans une ville exactement à la même latitude, mais près de la côte, il faisait 30.


La deuxième étape est d’enrichir chacune des destinations de base :


1) Zoomez et parcourez la carte autour de chacune de vos destinations principales (et entre elles) et regardez ce qui vous intéresse : villes, villages, sites touristiques ou lieux particuliers d’activités.


À ce stade, quand quelque chose attire mon attention, je le sélectionne ou l’écris dans la zone de dialogue de la fenêtre de gauche (ou du bas sur le téléphone) et l’enregistre comme « adresse enregistrée » ou « À visiter ». Lorsque j’ai terminé, ça me donne une carte avec une série d’étoiles et de drapeaux. Je la consulte à la toute dernière minute pour déterminer notre trajet optimal au jour le jour.




2) Pour chaque destination principale, vérifiez s’il y a de bons choix de campings ou de sites de boondocking. Il y a deux applications essentielles pour ça : iOverlander et Allstays.


Voici une vidéo qui explique étape par étape comment trouver un emplacement de camping gratuit sur les différentes applications:



Je ne réserve jamais nos emplacements à l’avance. Quand on est sur la route, on commence à chercher un endroit pour coucher quand la fatigue s’installe. On trouve toujours une place avec l’une ou l’autre des applications dans l’heure qui suit. Ça nous donne plus de flexibilité et on n'a jamais vraiment eu de difficultés à trouver un endroit pour s'arrêter pour dormir.



Il y a des exceptions, c’est sûr. Par exemple si on veut aller à Daytona Beach, en Floride, durant la semaine du Daytona 500. Là, c’est sûr et certain qu’il n’y aura pas de place ni l’espoir d’une annulation. Mais pour les parcs nationaux, même les plus populaires comme Yellowstone, Yosemite ou Zion réservés un an à l’avance, je réussis à obtenir des emplacements. Le truc, c’est de rester une ou deux semaines dans un autre camping de la région et de prendre quelques minutes à différents moments de la journée pour aller sur le site de réservation. On finit toujours par tomber sur une d’annulation. Gardez en tête que si c’est réservé un an à l’avance, il y aura une bonne proportion de gens qui auront besoin de changer leurs plans.


Daytona 500 2019
Nous deux au Daytona 500 en Floride

Enfin, la troisième et dernière chose à faire avant de partir c’est de vous inscrire à des groupes sur Facebook. Ça peut être des groupes en lien avec vos destinations de base, comme les « Snowbirds de la Floride » ou « Disneyland et la Californie en français ». Ça peut aussi être des adeptes du VR, comme « En VR pour pas cher », « La saison du camping », « La route du camping » ou encore des gens qui font le même genre d’activités que vous : le golf, le kayak, la pêche, etc.


Ces forums fournissent une mine de renseignements, de recommandations et d’avis. Une fois accepté comme membre, utilisez le moteur de recherche pour trouver l’information que vous cherchez. Posez aussi vos questions! Les autres membres se feront un plaisir de vous répondre. C’est ça, l’intérêt de ce genre de groupes : les échanges et les conseils.


Enfin, les guides-voyages comme « Lonely Planet » et « Next Exit » peuvent aussi être utiles, surtout si vous êtes moins à l’aise avec l’Internet. Pour certaines destinations, ça peut en valoir la peine. Je pense notamment au « Mile Post – Alaska Travel Planner » qui sort chaque année. Je l’avais acheté avant notre voyage là-bas et je ne l’ai pas regretté. C’est un guide hyper complet. Il couvre l’Alaska, mais aussi le Yukon, le Territoires du Nord-Ouest (TNO) et le nord de la Colombie-Britannique. Mais si vous pensez à partir pour l’Alaska bientôt, il vous faut notre guide Alaska. Allez voir ici! Ou bien ici pour notre guide sur la Floride en VR.


J’ai un dernier conseil : ne chargez pas trop votre itinéraire avant de partir, laissez un peu de place pour l’improvisation et le repos. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, être sur un mode « vacances » à temps plein, c’est fatigant. Trop de visites, trop de déplacements, trop de belles choses à photographier, ça use. On l’a appris durant notre premier long voyage. Notre rythme était très rapide parce qu’on s’était donné un an pour faire le tour de l’Amérique du Nord. Au retour de la région de Baja, au Mexique, on est entrés au Texas et on a frappé un mur. Ça faisait six ou sept mois qu’on était sur la route. Tous les gros high comme la Californie, les parcs nationaux et Baja étaient derrière nous. Plus rien ne nous impressionnait. On était tannés, épuisés mentalement. Avec l’expérience, on a compris que pour éviter le burnout du voyageur, il faut y aller plus lentement, rester deux ou trois semaines dans la même région, vivre au jour le jour en appréciant tout ce que le coin a à offrir sans penser à la prochaine destination. Et, surtout, laisser nos batteries de l’émerveillement se remplir à nouveau.


Dans ce podcast, je vous parle en détail de la planification d'un voyage:


Sur la route et rendu à destination


Une fois sur la route, il faut prendre une foule de décisions. On suit notre itinéraire général et, selon nos envies, notre niveau d’énergie, la météo ou les conditions routières, on choisit ce qui nous inspire le plus. Pour cela, on utilise un outil essentiel : nos téléphones intelligents. SI vous voulez faire comme nous, assurez-vous d’avoir un bon plan de votre fournisseur, surtout si vous sortez du Canada. Utilisez le code promo PPLR20 pour un rabais lors de votre achat


On trouve une très grosse partie de nos informations avec Google Maps. Quand vous ouvrez l’application, la carte est déjà « zoomé » sur vous et montre tout ce qu’il y a à proximité : restaurants, magasins, stations d’essence, etc. Utilisez l’outil de recherche pour des besoins plus pointus comme une buanderie, le nom d’un restaurant en particulier, une clinique médicale, un terrain de camping, etc.


En complément de Google Maps, on utilise aussi les sites comme Trip Advisor et Yelp, surtout quand vient le temps de choisir un restaurant ou une activité. Ça vous est sûrement arrivé de marcher sur une belle rue avec un paquet de restaurants sans trop savoir lequel choisir. Si on se fie juste au menu et aux publicités, on peut se tromper, surtout dans les destinations populaires où il a énormément d’attrape-touristes. Avec Trip Advisor et Yelp, on a accès aux opinions des gens qui ont réellement fréquenté l’endroit. Concentrez-vous sur les avis les plus récents (beaucoup de choses peuvent changer en un an pour un restaurant). Souvent, on ne regarde que les mauvais commentaires, ça nous donne une meilleure idée.


C’est Valérie qui a trouvé l’autre application qu’on utilise beaucoup une fois rendus à destination : Pinterest. C’est une sorte de mélange entre Google et Instagram. On tape le nom d’une destination et l’écran se remplit de photos prises par les visiteurs ou les gens de la place. Ce sont souvent des clichés artistiques et très inspirants. En cliquant sur la photo, on obtient des détails sur l’endroit. La plupart du temps, ça nous mène à un article de blogue. Pour les lieux touristiques, il y a beaucoup de « Top 10 » : les dix plus belles randonnées à faire à Jasper, les 10 meilleurs pubs de Boston, les 10 plus belles plages de la Floride. Il n’y a pas de limites à ce qu’on peut trouver avec Pinterest et souvent, les recommandations sont originales et différentes du contenu des applications plus conventionnelles sur les voyages.


Lors de notre premier voyage en 2016, Vale nous avait déniché cette magnifique plage sur la côte de l'Oregon grâce à Pinterest:



Il ne faut pas non plus oublier une dernière source d’information inestimable : les gens de la place. Prenez le temps de jaser avec les serveurs de restaurant, les barmans, les hôtes des terrains de camping, les chauffeurs de taxi, etc. Je me souviens d’une fois à San Antonio au Texas, un chauffeur Uber nous avait recommandé d’aller marcher dans le quartier The Pearl. On n’avait jamais entendu parler de ce quartier-là, il n’était pas du tout sur notre itinéraire. Et bien ç’a été un de nos plus gros coups de cœur, à vie! On a mangé dans un restaurant qu’on a tellement adoré, on y retourne à chaque fois qu’on passe par là.


Depuis qu’on est nomades, la planification de notre vie se fait à une échelle beaucoup plus courte qu’autrefois, quand on habitait notre maison de Beauport. Dans ce temps-là, on se projetait dans l’avenir à coups de 5 ans : quand on va avoir des enfants, quand on va vouloir une maison plus grande, quand on va prendre notre retraite.


Aujourd’hui, on pense en termes de mois. On profite du moment présent. On suit notre itinéraire général et on reste ouvert à l’imprévu. Et c’est presque toujours au détour d’un plan B qu’on fait les plus belles découvertes. Découvrir, apprendre, s’ouvrir au monde et se laisser surprendre, n’est-ce pas ça, au fond, l’essence du voyage?

Avec la collaboration de Suzanne Marchand

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