TRAVERSER LA FRONTIÈRE MEXICAINE EN VR - Ce qu’il faut savoir avant de partir



Le Mexique est une destination de rêve pour le VR. L’article que nous avons mis en ligne il y a quelques semaines sur la famille Turgeon vous aura peut-être mis l’eau à la bouche : plages paradisiaques, rivières d’eau turquoise, montagnes spectaculaires, déserts et champs de cactus, forêt tropicale, villes et villages historiques. Une découverte n’attend pas l’autre au pays des Pueblos magico.



On a visité le Mexique deux fois. Le premier voyage était en 2016. On avait entreposé notre Winnebago Micro Minnie à Palm Beach, en Californie, et on avait pris la Highway One jusqu’à Todos Santos, au sud de Baja California, pour passer quelques mois dans une maison louée. On a d’ailleurs raconté ce chapitre mémorable de notre première année sur la route dans notre livre.



La deuxième fois, c’était à l’hiver 2019-2020, avec notre Airstream. Notre itinéraire a traversé une grande partie du nord-est, du centre et de l’ouest du pays. On a couché dans de beaux campings, mais aussi dans de nombreux sites de boondocking, parce qu’il y en a beaucoup et de très beaux, loin des chemins battus et souvent en pleine nature. Ç’a été un extraordinaire road trip qui nous a permis de confirmer ce qu’on avait expérimenté lors de notre séjour à Baja en 2016 : les Mexicains sont accueillants, honnêtes et ce pays-là n’est pas plus dangereux que les États-Unis ou le Canada si on se sert de son bon sens.



Par contre, traverser la frontière du Mexique, c’est très différent d’un passage aux douanes américaines. Le simple passeport ne suffit pas. Il y a de la paperasse à fournir et quelques étapes à franchir. Mais ne vous laissez surtout pas décourager. Ce n’est pas compliqué, surtout si vous êtes bien préparé. On vous livre d’ailleurs ici tous nos conseils.


Avant d’entrer au Mexique, il y a deux conditions importantes à remplir. La première, c’est d’avoir une base minimale d’espagnol. La grande majorité des agents frontaliers ne parlent pas anglais (et encore moins français). Si vous êtes chanceux, vous pouvez tomber sur un employé bilingue, mais ne comptez pas là-dessus. C’est la même chose dans le pays, sauf dans les endroits très touristiques, il faut savoir se débrouiller en espagnol. Au pire, équipez votre téléphone d’une bonne application de traduction simultanée, ça pourra vous dépanner.


Ensuite, il faut obtenir des assurances complètes pour vos véhicules de la part d’un fournisseur mexicain ou autorisé par les autorités mexicaines. Nos assurances québécoises ne sont pas valides là-bas. Et sachez qu’au Mexique, le conducteur est toujours présumé coupable et non l’inverse, comme au Canada. Sans assurances valides, il peut même être emprisonné. La police d’assurance du Mexique couvre non seulement les dommages matériels, mais la responsabilité civile ainsi que les services d’un avocat et le montant d’une caution de libération si cela devenait nécessaire. En 2019, j’avais beaucoup magasiné mon assurance et avais finalement opté pour les courtiers Lewis & Lewis, une société de bonne réputation, qui offrait des tarifs très concurrentiels : pour six mois, ça nous a coûté 850$ américains pour assurer camion et roulotte (on a même pu suspendre notre contrat d’assurance québécois pour le F-150 pendant notre séjour au Mexique et récupéré un peu d’argent — il n’était par contre pas permis de faire la même chose pour la roulotte).



Petit conseil : tout au long du processus à la frontière, posez des questions aux agents, aux employés ou aux policiers. Le processus peut être difficile à suivre, ce n’est pas comme au Québec, il n’y a pas de flèches sur le sol ni de pancartes pour nous indiquer où aller, à quel comptoir se présenter. Si vous êtes dans le doute, demandez de l’aide. Les Mexicains sont courtois et très amicaux, toujours contents d’aider (contrairement à certains agents frontaliers américains).


En décembre 2019, on était arrivé par le Highway 35 qui passe par Austin et San Antonio. Juste avant les lignes, on avait passé la nuit dans la ville jumelle de Laredo — Nuevo Laredo, de part et d’autre du Rio Grande qui sert de frontière entre les États-Unis et le Mexique. C’est d’ailleurs un autre conseil: passez la nuit dans un endroit le plus proche possible du poste frontalier que vous traverserez de façon à débuter le processus le plus tôt possible le matin, avant l’affluence et les files d’attente.



PREMIÈRE ÉTAPE : L’INSPECTION À LA FRONTIÈRE


Aussitôt passé le pont du Rio Grande, on nous dirige vers un poste d’inspection. Déjà, ce n’est pas très clair, on ne sait pas trop ce qui nous attend. On suit les directives des agents (ils sont bien impressionnant avec leurs habits militaires et leurs armes, mais ils sont sympathiques) , on se gare et on attend. Après un moment, un agent nous rejoint et fait le tour de nos véhicules, nous demande une preuve d’assurances. Ensuite, il entre dans la roulotte, ouvre les portes d’armoire, fouille un peu ici et là. Dans notre cas, il n’a même pas regardé dans le frigidaire qu’on avait pourtant vidé de tout ce qui était interdit (fruits, légumes et viande. Il nous a laissé repartir, mais je sais que certaines personnes doivent passer l’étape du « scanner » : une espèce de portail qui fait une radiographie des véhicules.


DEUXIÈME ÉTAPE : LA PAPERASSE


Quand on traverse la frontière à Laredo, l’étape paperasse se déroule dans un bâtiment au centre-ville de Nuevo Laredo. On quitte donc la zone de sécurité et on roule vers un bâtiment qu’on nous indique sommairement. Tout ce qu’on savait, c’était de tourner à gauche à la deuxième lumière. Dans ces bureaux, on doit obtenir deux types de documents très importants : la carte touristique (visa) et les droits d’importation de nos véhicules (camion et roulotte). Tout ça se fait en quatre temps :


1. Comptoir migracion pour compléter la demande de carte touristique « rattachée » à notre numéro de passeport.


2. Comptoir de photocopies pour reproduire notre permis de conduire, passeport, preuve d’immatriculation et carte touristique tout juste reçue à l’étape 1. Ces documents sont nécessaires pour obtenir le TIP, le permis d’importation temporaire de nos véhicules (étape suivante).


3. Comptoir caja ou banjercito où l’on remet nos photocopies à l’employé(e) qui produit nos permis d’importation. Pour nous, il y a eu une petite étape supplémentaire parce que le modèle de notre roulotte n’était pas dans leur répertoire. Il a fallu sortir sur le stationnement avec eux pour prendre la Airstream en photo. Quand tout a été en ordre, on est passés à l’étape des paiements : les cartes touristiques en premier et les permis d’importation sur une autre facture. Voici ce que ça nous a coûté :

  • Carte touristique : 558 Pesos chacune (environ 35$)

  • Permis d’importation de Ford F-150 : 1 072 Pesos (environ 65$)

  • Permis d’importation de la Airstream Globetrotter 28 pieds : 1 072 Pesos (environ 65$)

  • Dépôt remboursable pour le F-150 : 7 792 Pesos (environ 485$).

4. Réception des permis et estampillage, ce qui nous garantit qu’après les trois heures passées à la frontière, le processus est terminé. On peut entrer au Mexique en toute légalité.

Je ne sais pas si c’est toujours comme cela, mais à notre sortie des bureaux de Nuevo Laredo, des policiers demandaient aux touristes ayant obtenu leurs documents de former un convoi. On a donc intégré la file d’une dizaine de véhicules escortés par des policiers mexicains et on a roulé comme ça pendant une vingtaine de minutes jusqu’au premier poste de contrôle routier où l’on a dû présenter nos nouveaux papiers. C’est probablement une façon d’éviter que des touristes un peu distraits ou mal informés passent tout droit aux bureaux de Nuevo Laredo et pénètrent dans le pays sans visa ni permis.



Après le poste de contrôle, on a pris l’autoroute vers le sud, excités de débuter notre aventure mexicaine. Les premiers kilomètres étaient un peu décevants, c’était très plat et désertique. Mais après quelques heures, le paysage a changé, on est entré dans les montagnes, le soleil descendait et mettait de la magie dans ce paysage magnifique. Ce n’était qu’un prélude. Le reste de notre voyage a été comme celui des Turgeon : on a sauté d’une découverte à l’autre. Si vous le voulez, aller voir nos capsules qu’on a regroupées sur une playlist: https://youtube.com/playlist?list=PLBC7eiLSpDeQzg5XnqyaPTrrbE-WHFM3-


La semaine prochaine, je vous présenterai un autre article sur le Mexique avec la présentation des plus beaux campings de la côte ouest. Ne manquez pas ça… ça pourrait vous donner le goût de commencer vos leçons d’espagnol !



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